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Pastourelle 2017 : Bienvenue en Enfer !!

La Pastourelle 2017 – Trail du Grand Cirque – 53km

Salers samedi 20 mai 2017 – 8h00

Je l’attendais avec impatience cette Pastourelle 2017 !! J’en avais fais l’un de mes principaux objectifs de la saison 2017 ! Parce que j’aime beaucoup cette région perdue au fin fond du Cantal, que ce parcours est, en général, très agréable, que malgré le dénivelé il me convient plutôt bien, que l’organisation est sympathique et conviviale…

Bref que des points positifs ! J’espérais bien y réussir une belle performance pour confirmer un début de saison très prometteur… mais tout cela était sans compter sur un élément, un tout petit élément, mais qui en montagne a toujours son importance : la météo !

Je m’attendais bien à croiser quelques névés vers le sommet du Sancy, mais certainement pas à devoir crapahuter dans la neige et le brouillard pendant environ 20 km ! Si encore cette couche de neige avait été plus épaisse, elle aurait nivelé le terrain, mais là il y en avait juste ce qu’il faut pour bien entraver notre progression et bien corser l’aventure !

Dans ces conditions aux quelles je ne m’étais pas préparé, j’ai souffert plus que de raison durant ces 20 km qui me parurent une éternité, et qui me coûtèrent cher en temps !

Mais bon, trêve de philosophie et place au récit de la course !

Récit de la Pastourelle 2017

Fraîcheur et humidité était au programme en ce samedi matin à Salers ! Peu avant 8h, le thermomètre n’affichait guère que 4-5°, mais au moins, contrairement à la veille, il ne pleuvait pas ! Jusque là rien de bien méchant, et si le terrain allait assurément être un peu glissant, cela ne devrait pas pour autant être problématique !

Au départ, aux côtés de Thomas Saint-Girons (vainqueur en 2015, second en 2016) la surprise fût d’apercevoir la carrure imposante et impressionnante de Benoît Cori, venu là pour se détendre un peu après une belle semaine de préparation avec l’Equipe de France !

Un début de course conforme au plan prévu

A 8h nous nous élançons donc à l’assaut de cette Pastourelle 2017, l’ambiance au sein du peloton est plutôt détendue, ça discute pas mal et ça part plutôt tranquillement, ce qui me permet de rester bien au chaud collé dans le groupe de tête durant les 2 premiers km.

Bien évidemment, je ne pourrais conserver cette position confortable bien longtemps et dès l’attaque de la première côte un peu sérieuse au 3ème km, je dois laisser filer la tête de course et progressivement rentrer dans le rang. Malgré tout je reste dans mon rythme, et suis même un peu plus rapide que prévu, et ce même si je me retrouve relégué au delà de la 30ème place au sommet de cette première bosse !

Le niveau semble être plus relevé que l’an dernier, car je me retrouve approximativement à la même place bien que j’ai déjà pris plus d’une minute d’avance sur mes temps de référence.

Je reste concentré sur ma course, ne me souciant guère de ma position, continuant à prendre de l’avance sur mon timing. Au ravitaillement du 10ème km, j’ai déjà quasiment 2′ d’avance sur l’an dernier.

Encore 3 km de montée plus ou moins régulière, durant laquelle on peut, furtivement, profiter d’une vue magnifique sur la vallée et le Puy Violent qui se trouve de l’autre côté, avant d’entamer la descente vers Le Falgoux. Descente que je redoute beaucoup car très piégeuse où j’ai vu bon nombre de coureurs les années précédentes se faire très mal !

Là aussi j’ai bien progressé car malgré l’eau qui ravine et la boue, je m’en sors très bien, plus à l’aise que je ne l’aurai imaginé ! Pour une fois je profites pleinement de cette descente qui serpente dans la forêt.

Au km 19, les choses sérieuses commencent vraiment, au niveau du ravitaillement du Falgoux, une petite pause le temps de remplir les gourdes et c’est parti pour une belle et longue ascension de pratiquement 5 km !!

Moins percutant que je ne l’aurais souhaité, j’entame néanmoins ma remontée dans le classement, et même si 2 coureurs me rattrapent, je grignote progressivement place après place pour me retrouver aux alentours de la 25ème place lorsque nous atteignons le Col du Luchard.

Bienvenue en Enfer !

C’est à partir du 24ème km environ que les choses se gâtent, dès que nous franchissons la barre des 1500m d’altitude la neige s’invite à la fête ! Les traces sont recouvertes d’un blanc manteau. Nous avons alors le choix entre rester dans les traces mais sous 15-20 cm de neige ou bien en sortir et se trouver confronté à un sol inégal, bosselé et le plus souvent en dévers.

Comme si cela ne suffisait pas, le brouillard s’invite à la fiesta et la visibilité est par moment très réduite, rendant le suivi du balisage difficile.

Une chose est certaine, je ne suis pas à on aise dans ces conditions, le coureur devant moi que j’étais en train de rattraper a repris pas mal de champ, au point que je ne le vois quasiment plus ! Je me retrouve seul, empêtré dans un terrain hostile que je ne maîtrise pas ! Ma belle avance sur mon timing est en train de fondre (alors que la neige, elle ne fond pas !!) et ma progression se fait de plus en plus difficile.

De nombreuses glissades sollicitent les muscles de manière inhabituelle et je commence progressivement à accuser le coup ! Une petite glissade de plus et me voilà les fesses dans la neige ! Malgré tout j’essaie de garder le moral, même si ce n’est pas évident, je rattrape un ou deux coureurs qui ne sont pas plus à l’aise que moi.

Tant bien que mal je rejoins le 30ème km au Pas de Peyrol où les organisateurs nous informent que la montée du Mary est annulée. Une petite déception dans la mesure où cette montée m’aurait peut-être permis de rattraper quelques concurrents, mais également un soulagement au regard des conditions météos. Ayant effectué le parcours la veille dans des conditions similaires, je ne peux que saluer la décision des organisateurs, car si la montée n’aurait posé aucun problème, la descente était tout simplement impraticable.

La veille, rien qu’en marchant, j’avais chuté 3 fois, me rattrapant à la barrière pour ne pas tomber dans le vide ! Je n’ose imaginer ce que cela aurait donné durant la course… un vrai massacre !

La descente du Puy Mary, le vendredi matin

La montée annulée bouscule un peu la stratégie, enfin ce qu’il en reste, car il va falloir tout donner sur les 20 derniers km ! Une rapide pause au ravito pour faire le plein et me voilà reparti au taquet ! Sur une petite portion de route sans difficulté, je peux lâcher les chevaux, rattraper un gars au passage et tenter de relancer ma course.

Respiration de courte durée, puisque nous attaquons dans la foulée la montée au col de Redondet… toujours dans la neige bien évidemment ! Si la montée se passe bien, tranquillement au train, la suite est de nouveau délicate pour moi.

A flan de colline, sur un chemin étroit et glissant, je peine à maintenir le rythme, ma priorité étant avant tout de ne pas tomber dans cette pente assez raide. Et comme si ce n’était pas suffisamment compliqué, nous croisons les premiers randonneurs qui commencent à arriver dans l’autre sens !

Je saluerai leur comportement exemplaire ainsi que leurs nombreux encouragements, mais malgré toute leur bonne volonté il est vraiment difficile de se croiser lorsqu’il n’y a qu’une seule trace praticable sur le sentier !

Mon calvaire touche cependant à sa fin, encore quelques montées/descentes dans cette neige qui me rend dingue et me voilà au pied de la dernière petite difficulté du jour : la montée du Puy Violent.

La neige a maintenant fait place à la boue, le chemin est très glissant et c’est en compagnie de 2 autres concurrents que j’ai rattrapé que j’effectue cette ultime ascension.

Puy Violent 1 – Michel 0 !!

Si cette année je n’ai pas chuté dans la descente du Puy Mary… et pour cause ! Je n’allais pas pour autant être épargné par le sort !

La descente du Puy Violent est étroite, technique, raide, glissante… bref compliquée. Et même si j’ai pris toutes mes précautions, en voulant éviter un randonneur arrivant dans le sens inverse, je m’emmêle les pieds dans le tapis, bute sur une pierre…. et me voilà projeté en avant… la tête la première dans un vol qui malheureusement ne durera qu’une fraction de seconde… avant un atterrissage douloureux… sur la tête !

La rencontre avec ce gros rocher fût aussi brève qu’intense… et laissera quelques traces ! Comme à mon habitude dans ce genre de conditions, je ne prends pas le temps de réfléchir, me relève aussitôt et reprend ma course….

Tout en continuant à avancer, je fais l’inventaire des dégâts, la tête a bien souffert, mais quelle importance ? On en a pas besoin pour courir ! En revanche mon genou droit m’inquiète un peu plus, il a bien tapé lui aussi et est relativement douloureux.

Les deux coureurs que j’avaient rattrapés on profité de mes mésaventures pour reprendre un peu de champ alors que j’arrive péniblement au bas du Puy Violent.

On lâche les chevaux !

Le plus difficile est fait, le reste n’est pas très compliqué à part la montée finale. Malgré la douleur je me lance à fond dans cette longue descente, sans difficulté technique qui doit nous ramener vers Saint-Paul de Salers.

La foulée n’est pourtant pas très bonne, je boitille un peu et suis obligé de m’adapter à cette douleur imprévue, mais cela ne m’empêche pas d’envoyer du lourd !

En effet, c’est par moment à plus de 16 km/h que j’avale cette descente finale. Il ne me faut guère plus d’un km pour rattraper les 2 gars qui m’accompagnaient dans la montée et de les laisser sur place !

Ma douleur au genou se fait moins pressante et me permet de continuer à envoyer du lourd. Durant ces quelques 8 km de descente je ne descendrai jamais sous les 15 km/h avec quelques pointes à 17 !

Et le pire c’est que je ne force même pas, je suis très à l’aise, ce qui ne manque pas de me faire regretter mon manque de dextérité dans la neige ! A la recherche du temps perdu je fonce vers Saint-Paul, passe le ravitaillement sans même ralentir, attaque un dernier passage à travers champs avant la montée finale.

Derrière moi, je sais que cela ne reviendra pas, mais je décide de ne rien lâcher, de faire cette dernière montée à bloc, pour voir si éventuellement je ne pourrais pas reprendre encore un ou deux concurrents.

Cette dernière montée est raide, un peu plus de 200m de dénivelé à manger en 1,8km… pas facile après plus de 5h de course ! Je jette toutes mes forces dans cet ultime obstacle, relance à chaque fois que cela est possible…

La délivrance… et une certaine déception

Je réalise une super montée, pratiquement 2 minutes de moins que l’an dernier !! et franchis la ligne d’arrivée en 5h19’45″… à la 17ème place.

Un peu déçu de ne pas être mieux classé, mais malgré tout fier du travail accompli, du moins dans la première partie et la dernière… car entre le 23ème et le 40ème km c’est une toute autre histoire… que de temps perdu !!

Les conditions climatiques auront eu raison de mes ambitions et ne m’auront pas permis d’exprimer tout mon potentiel et d’atteindre les objectifs que je m’étais fixés… mais c’est la course, et c’est la même chose pour tout le monde !

J’en garderai quand même des points positifs car la progression est malgré tout belle et bien là, le potentiel aussi… je paie juste le fait de n’avoir près de chez moi des terrains de jeux adaptés à des conditions que l’on peut fréquemment rencontrer en montagne, même en plein mois de Mai !

Il me faudra donc encore travailler pour espérer faire mieux la prochaine fois, si les conditions me sont un peu plus favorables !

Les résultats de la Pastourelle 2017

pastourelle-17.pdf


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Calculateur trail : La Pastourelle 2017

Simulation de calcul La Pastourelle – 53k

La course du ‘grand Cirque’ – samedi 20 mai 2017, 8h – Salers

19ème édition de la Pastourelle, qui pour moi est l’un des plus beaux trails de France, à faire au moins une fois, au risque d’y devenir accro et de n’avoir qu’une envie : y revenir chaque année !!

Une nouvelle fois inscrite au programme du TTN 2017, on devrait y retrouver quelques cadors et la course sera très animée ! Mais, même si vous vous laissez emporter par le rythme effréné de la tête de course, pensez, de temps à autres, à lever la tête pour profiter de ces magnifiques paysages du Cantal.

Vous aurez probablement la chance de croiser sur votre route quelques troupeaux de moutons ou bien encore de ces fameuses vaches de race Salers, aussi majestueuses qu’imposantes !!

J’aurais grand plaisir à vous retrouver une nouvelle fois au départ ou à l’arrivée de cette course que j’affectionne tout particulièrement !

La Pastourelle 2017 – Le grand Cirque :

Voici les éléments qui vous permettront de planifier votre course et estimer vos temps de passage et heure d’arrivée sur la place du village à Salers !

simulateur-trail

Votre feuille de route pour la Pastourelle 2017

Complétez les champs suivants :

Allure de base (min:sec/km) Min. Sec.
Correction d’allure
Bonus allure initial (min:sec/km) Min. Sec.
Perte allure finale (min:sec/km) Min. Sec.
Apréhension du dénivelé
Aptitude de grimpeur

compris entre : 0.85 (très bon) / 1 (standard) / 1.15 (très mauvais)

Aptitude de descendeur

compris entre : 0.85 (très bon) / 1 (standard) / 1.15 (très mauvais)



Le parcours en détails

Comment utiliser le simulateur trail ?

Toutes les informations utiles pour compléter le tableau et obtenir votre feuille de route sont ici :

Guide utilisateur du simulateur trail

calculateur d’allure

Calcul VMA, Indice d’Endurance 

Liste des autres parcours disponibles

 

Des questions, suggérer un nouveau parcours ?

N’hésitez pas à me faire part de vos interrogations, remarques et à me contacter pour la mise en ligne de nouveau parcours.


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Vidéo Pastourelle 2016

vidéo Pastourelle 2016

Petit retour en vidéo sur cette magnifique course au pays des vaches de Salers. Un super souvenir d’une région que j’adore. Un parcours et une ambiance exceptionnel.

Il ne me tarde qu’une chose : y revenir l’an prochain !

 


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La Pastourelle 2016 : Inespéré !

La Pastourelle – Trail du Grand Cirque – 6ème manche TTN 2016

Samedi 21 mai – Salers – 08h00

C’est avec grand plaisir que me voilà reparti pour Salers à l’occasion de cette Pastourelle, l’une des courses que j’affectionne le plus, de part la beauté du parcours, la sympathie des gens et cette région que j’aime beaucoup.

Mon envie de venir disputer cette magnifique épreuve tient plus dans mon amour de cette région que dans la recherche de performance pure. Car, moi, petit coureur des plaines, que puis-je réellement espérer d’un parcours montagneux à souhait avec un dénivelé d’environ 2600m+ ?

Au mieux je n’osais à peine rêver plus qu’une 25ème place au final, qui pour moi aurait déjà été synonyme de victoire ! Certes, je suis mieux préparé que les années précédentes, mon travail de fond commence à donner quelques espoirs. Ma course de préparation à Millau deux semaines plus tôt, bien qu’aillant laissé quelques traces fût elle aussi bénéfique… mais de là à croire au miracle… fallait quand même pas pousser !

Même si cette course représentait l’un de mes objectifs majeurs de cette saison, c’est finalement sans vraiment de pression que j’abordais ce week-end à Salers. Profitant de notre arrivée sur place dès le jeudi soir j’ai eu le loisir de repérer certaines parties du parcours, notamment la montée au Puy Mary qui allait nous offrir quelques petits névés à franchir !

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Le récit de ma Pastourelle 2016

Après quelques jours de temps franchement moyen, c’est par une très belle journée (les locaux diront même la plus belle depuis le début de l’année) que nous allons pouvoir profiter de cette belle balade. Le soleil est au rendez-vous et il n’y a quasiment pas de vent… bref, un temps idéal !

Sur la ligne de départ j’ai le plaisir de retrouver Cyril Rabier avec qui nous nous étions tiré la bourre au mois de novembre dernier en Argentine. A peine le temps d’échanger quelques mots que le départ est donné. J’aurais l’occasion de le retrouver un peu plus tard sur le parcours.

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Un départ prudent

Contrairement à mes (mauvaises) habitudes, je décide de prendre un départ très prudent, histoire de laisser le temps à la machine de chauffer. Je prends même le temps de faire un petit coucou à Péline ma fidèle assistante !

A la sortie du village je dois pointer aux environs de la 40-50ème place, je ne saurai le dire exactement. Mais cela n’a guère d’importance car je sais qu’il va falloir rapidement entrer en action avec la première grosse côte qui se profile déjà à l’horizon.

Cette montée vers le Suc Cobru qui me fût fatale l’an dernier (en quelques centaines de mètres j’étais passé de la 15ème à la 100ème place !) allait être le premier indicateur de mon état de forme. Juge de paix du travail accompli depuis un an !

Premier test

A ma grande surprise, alors que j’avais déjà repris quelques places sur les premières petites pentes du parcours, je me trouve finalement plutôt bien dans cette montée. Certes quelques coureurs plus rapides que moi me dépassent, je dois également laisser filer Cyril avec qui j’avais parcouru les premiers km. Mais je dépasse moi aussi quelques coureurs… si bien que j’arrive en haut de cette montée aux environs de la 35ème position.

C’était tout simplement inespéré, je ne m’attendais pas à tenir ce rythme (plus d’une minute de gagnée par rapport à l’an dernier sur cette seule ascension). Malgré tout, je ne m’enflamme pas : la route est encore très longue, et même si je me sens bien, que je n’ai pas forcé, je ne suis pas certain de tenir comme cela jusqu’au bout !

Sur les Burons

Notre route se poursuit sur les Burons de Salers avec une alternance de montées et descentes assez régulières mais sur ce que j’appelle des “terrains à vaches” : de vastes prairies sans réellement de chemins, avec pour seules traces des sillons irréguliers et de nombreux trous dans lesquels il faut être vigilant pour ne pas y laisser une cheville !

Tout en faisant attention, j’essaie de profiter un maximum de ces paysages qui nous sont offerts, j’en prend plein les yeux, j’ai l’impression de me balader dans une carte postale !

Je poursuis sur mon tempo, sans trop en faire, en remontant progressivement quelques coureurs, en laissant partir un ou deux autres pour me maintenir aux environs de la 35ème position.

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Le premier ravito

Que le temps passe vite, me voilà déjà rendu au Col de Néronne, lieu du premier point de ravitaillement où je retrouve Péline. Quelques instants pour me rafraîchir et remplir mes réserves et me voilà reparti : j’ai déjà pratiquement 4 minutes d’avance sur ma meilleure estimation, et ce malgré un départ plus que prudent !

Descente périlleuse

Si les premiers kilomètres ne présentaient guère de difficulté, la descente vers le village du Falgoux allait très vite nous remettre les idées en place. L’humidité des derniers jours a transformé une bonne partie de cette descente… en un petit torrent.

Entre la pente, les pierres qui roulent, l’eau et les feuilles qui parfois masquent les dangers il fallait être plus que vigilent. Pas très à l’aise sur ce type de terrain, je dois me résoudre à laisser passer quelques coureurs plus agiles que moi. Mais pas question de prendre des risques inutiles, cela serait trop bête de tout perdre ici pour essayer de grappiller quelques secondes !

La suite me donnera raison car dans le bas de cette descente difficile je croise un premier coureur qui boîte et pour qui l’aventure se terminera malheureusement ici. A peine quelques centaines de mètres plus loin, je croise un second coureur qui à m’air encore bien plus mal en point. Je tente de le rassurer en lui indiquant que le prochain ravito est à moins de 2 km… mais pour lui aussi l’aventure s’arrêtera là !

Montée en puissance

Passé ce passage plutôt périlleux et qui je l’avoue ne me convenait guère, il était temps pour moi de rentrer dans le vif du sujet, juste avant la très longue montée vers le Rocher de l’Aygue.

Une petite halte rapide au ravitaillement du Falgoux pour refaire le plein et me voilà parti dans plus de 4 km de montée quasi continue. Une bonne partie de cette montée se fera en marchant, mais dès que la pente se fait légèrement plus douce (aux environs de 10% quand même) je me remets à trottiner.

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Commence alors mon irrésistible remontée. Un à un je rattrape les concurrents qui me précèdent et les laisse quasiment sur place ! Rarement je me suis senti aussi bien dans une côte et en plus je n’ai même pas vraiment l’impression de forcer ! Comme si ma plus grande faiblesse était soudain devenue l’un de mes meilleurs atouts !

Aux environs du 23ème km, à la faveur d’un lacet, je fais la jonction en visuel sur un petit groupe et ai la surprise d’y retrouver Cyril que je croyais parti bien loin ! J’ai du mal à y croire… tant il avait été facile en Argentine et m’avais laissé loin derrière !

La jonction avec Cyril

Il me faudra encore quelques kilomètres pour le rejoindre et faire un petit bout de chemin avec lui. Faut dire qu’il prend son temps le Cyril ! De temps à autre il s’arrête pour une petite pause photo… je lui doit d’ailleurs celle-ci et je l’en remercie encore au passage !

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Alors que pour la première fois depuis le départ j’ai un petit coup de moins bien et commence à ressentir un petit peu de fatigue je profite de l’élan que m’apporte Cyril qui a la gentillesse de m’accompagner, pour tenter de relancer un peu l’allure. Je pense alors que nous allons faire un bon morceau de chemin ensemble et qu’il pourra ainsi m’aider pendant encore de nombreux km !

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Le Puy Mary

Nous cheminons ainsi ensembles jusqu’au prochain point de ravitaillement situé juste avant la montée du Puy Mary. Alors que Cyril prend le temps de se ravitailler, je décide au contraire de poursuivre. Je ferai le plein après la descente.

On m’annonce alors en 20ème position ! J’ai un peu de mal à y croire, moi qui tout au mieux m’imaginais aux environ de la 30ème ! Cela me regonfle à bloc et je pars devant à l’assaut du Puy Mary.

A ce moment je me dis que Cyril me rattrapera rapidement et que nous pourrons ensuite poursuivre notre route ensemble. Malheureusement pour moi, cela n’arrivera jamais… et je ne retrouverai Cyril qu’à l’arrivée !

Cette montée au Puy Mary est quasiment la plus raide du parcours mais cela ne m’empêche pas d’avancer, de prendre de l’avance sur mes poursuivants et de continuer à me rapprocher de ceux qui me précèdent. Le rêve continue !

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Descente en enfer

Si la montée se passe sans encombre et que je peux profiter, rapidement, du magnifique panorama qui s’offre à nous au sommet du Puy Mary, la descente est une toute autre affaire !

Pour l’avoir déjà pratiquée, je ne l’apprécie guère cette fameuse descente : bétonnée, constituée de marches très irrégulière.. dès que j’en ai la possibilité je me mets sur le côté pour éviter ce chemin, franchement pas à mon goût !

Learning to fly

Je suis pratiquement en bas de la descente quand tout va basculer. Alors qu’il ne reste plus que quelques marches, j’aborde une ‘double marche’. Malheureusement si j’ai bien vu la première, je n’ai pas remarqué la seconde, toute petite située juste derrière !

Je me prend les pieds dans le tapis ! mon pied droit vient buter sur cette seconde marche… et me voilà en position quasi-horizontale… en train de m’envoler !!

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L’instant précis où tout bascule.. et moi avec !

En l’espace d’une fraction de seconde je réalise que l’atterrissage va être douloureux, que je vais probablement tout perdre et que ma course s’arrêtera prématurément ici… sur ce maudit escalier en béton !

Pas le temps de gamberger davantage, l’atterrissage est plus que brutal sur le coude et la main gauche. Je pars en roulé-boulé… histoire de rayer la carrosserie de l’autre côté également, de m’éclater copieusement le genou !

Dans mon élan, à peine ai-je terminé de caresser le béton que me voilà de nouveau sur pieds. Sans même m’arrêter je poursuis ma descente. J’ai les mains et le bras en sang, mon genou me fais très mal. Je ne sais pas si je vais être en mesure de poursuivre… mais je continue malgré tout !

Check-up rapide et on repars

Juste en bas, Péline qui a assisté à toute la scène, m’attend avec mon ravitaillement. Machinalement je fais le plein. Je prends juste quelques instants pour me rincer les mains dans une fontaine… et me voilà reparti !

Mon genou me fais mal, mais ne m’empêche pas de courir. Mon bras est douloureux, mes mains me picotent fortement… mais je m’en fous ! Seules comptent les jambes qui pourront me porter au bout !

Pas question de lâcher ni de s’apitoyer ! Je suis dans le top 20 et j’ai bien l’intention de vendre chèrement ma peau ! Pendant un moment j’espère que Cyril fasse la jonction pour m’aider à poursuivre… mais je ne le verrai jamais.

Droit devant

Tant pis, il faut poursuivre ! La route est encore longue ! Je dois vite me remettre dans le bain ! C’est rapidement chose faite puisque je rattrape un premier coureur, puis un second avant d’aborder la montée vers le Puy Chavaroche.

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Encore un beau passage avec une vue extraordinaire qui se termine par un joli névé que nous devrons traverser. Au loin, à environ 3′ devant j’aperçois 2 autres coureurs. Le chasseur se met en route ! La douleur est oubliée et je me lance dans une longue poursuite pour tenter de les rattraper !

Les montagnes Russes

La suite est une succession de belles montées et descentes dans les estives, tantôt dans l’herbe, tantôt sur les névés. Avec en prime l’escalade du Roc d’Hozières où, sur quelques dizaines de mètres, il sera nécessaire de mettre les mains pour gravir le sommet !

Les randonneurs….

La suite du parcours sur les crêtes est beaucoup moins agréable car nous nous retrouvons nez à nez avec la horde des randonneurs… qui empruntent le même chemin que nous… dans l’autre sens !

Ne levant que rarement la tête pour regarder où ils vont, et avec l’avantage du nombre… c’est généralement à nous de nous écarter de la trace idéale et de prendre des risque hors traces pour nous frayer un chemin.

Ce point sera mon seul regret et seul point négatif que je pourrais donner à l’organisation, car pour le reste, tout était, pour moi, parfait !

Le Puy Violent

Dernière difficulté avant la descente finale, la montée au Puy Violent si elle parait relativement douce au début se fait bien plus raide sur la fin !

A son pied me voilà revenu à moins d’une minute des 2 coureurs que j’avais en ligne de mire. En prime, ils sont en train d’en rattraper un 3ème ! J’en croquerai un facilement dès le début de la montée, en rejoindrai un autre juste avant le sommet. Quant au 3ème… il fait de la résistance le bougre ! et reste environ une quarantaine de secondes devant moi.

La descente est raide, étroite et délicate… d’autant que dans l’autre sens nos amis randonneurs sont en train de grimper au sommet ! Mais, à ma grande surprise, contrairement à ceux croisés auparavant, ceux-là sont bien plus coopératifs, ils s’arrêtent tous et s’écartent pour nous laisser passer. Un grand merci à, car sans leur aide la descente aurait été bien compliquée !

La grande descente

Passé le Puy Violent c’est une longue descente sans vraiment de difficulté, à part un passage dans les champs pendant environ 2km où il faudra bien faire attention à ses appuis pour ne pas risquer, une nouvelle fois, de tout perdre si proche du but !

Revenons à nos moutons et à mon coureur que j’ai toujours en point de mire. Certes je reviens progressivement, mais dans ce début de descente, difficile de faire la différence. Je descends bien, même si je l’avoue, j’ai déjà fais mieux sur ce type de descente !

Il me faudra bien 3-4 km  pour enfin faire la jonction avec ce coureur. Alors que lui semble faiblir, j’en remets une petite couche, histoire de lui ôter toute envie de prendre ma roue ! Je le distance rapidement et poursuis vers Saint Paul de Salers sur un rythme proche des 15km/h. J’aimerais bien aller plus vite, mais mes jambes et mon genou me le déconseillent… et puis il reste encore une dernière ascension vers le village…

La dernière ascension

A la sortie de Saint Paul, nous traversons un champ puis une dernière petite descente pour atteindre le fond de vallée avant de s’attaquer à la remontée… et à ses quelques 200m de D+ en à peine 1,5km !

Devant, je n’ai plus vraiment d’espoir, j’ai bien aperçu mon prédécesseur à la sortie de Saint Paul… mais il compte bien 3′ d’avance… beaucoup trop pour que je puisse le reprendre dans cette dernière côte !

Même si je sais qu’à priori je ne crains pas de retour de l’arrière ( de tous ceux que j’ai croisés depuis le Puy Mary, aucun n’est en mesure de me suivre en côte) je commence malgré tout à réfléchir un peu, à me retourner.

Mes vieux démons me rattrapent un peu, mais je me remets vite sur les rails, me concentrant sur cette montée qui pique les jambes… mais conduit tout droit vers la délivrance !

La fin est difficile, j’ai du mal à tenir le rythme, je suis tout proche du but, j’entends le speaker qui annonce mon arrivée proche. J’essaie de savourer ces derniers instants.

La délivrance

Après avoir contourné les remparts, je fais mon entrée dans le village de Salers, un dernier raidillon et j’aperçois la ligne d’arrivée. Dernière frayeur, je me prends les pieds dans les barrières (trop rapprochées à mon goût), me rattrape de justesse et évite ainsi de m’abîmer un peu plus !

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Les derniers mètres ne sont que pur bonheur, et je franchis la ligne en 5h47’59” ! Je prends quelques minutes pour savourer ce moment, fier d’avoir accompli une course presque parfaite, d’avoir donné le meilleur de ce que je pouvais faire. A cet instant, je ne le sais pas encore, mais je suis arrivé 15ème !! Un résultat que je n’aurais même pas osé espérer et qui me comble totalement !

Après ces quelques instants d’euphorie je prends la direction… de la croix-rouge pour faire soigner mes nombreuses plaies témoignage durable de mon décollage au Puy Mary !

Peu après, je retrouve mon ami Cyril avec qui nous passerons un bon moment avant de rentrer à l’hôtel et de profiter de la fin du week-end pour se ressourcer dans ce magnifique village de Salers.

Rendez-vous l’année prochaine au même endroit pour tenter de faire aussi bien… ce qui ne sera certainement pas facile, car une fois de plus, la barre a été mise très haut !

Et pour terminer ce récit, un grand merci à Péline qui m’a accompagné, supporté et ravitaillé tout au long de cette belle aventure !


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Calculateur trail : La Pastourelle 2016

Simulation de calcul La Pastourelle – 53k

La course du ‘grand Cirque’ – samedi 21 mai 2016, 8h – Salers

C’est avec impatience que j’attends ce moment pour retourner une nouvelle fois sur cette course, qui selon moi, fait partie des plus belles.

Pour la seconde année, La Pastourelle est inscrite au calendrier national du TTN, il faudra donc s’attendre à y retrouver bon nombre de coureurs d’excellent niveau et la bataille, en tête de course, sera acharnée.

Mais pour tous les autres, qui ne viseront pas le podium, vous pourrez profiter de ce grand tour qui vous mènera de crête en crête jusqu’au sommet du Puy Mary et en prendre plein les yeux.

J’espère vous retrouver nombreux au départ et à l’arrivée de cette Pastourelle 2016.

En attendant, prenez le temps de tester ma simulation pour vous faire une idée de ce qui vous attend dans ce magnifique Cantal !

La Pastourelle 2016 – Le grand Cirque :

Voici les éléments qui vous permettront de planifier votre course et estimer vos temps de passage et heure d’arrivée sur la place du village à Salers !

simulateur-trail

Votre feuille de route pour la Pastourelle 2016

Complétez les champs suivants :

Allure de base (min:sec/km) Min. Sec.
Correction d’allure
Bonus allure initial (min:sec/km) Min. Sec.
Perte allure finale (min:sec/km) Min. Sec.
Apréhension du dénivelé
Aptitude de grimpeur

compris entre : 0.85 (très bon) / 1 (standard) / 1.15 (très mauvais)

Aptitude de descendeur

compris entre : 0.85 (très bon) / 1 (standard) / 1.15 (très mauvais)



Le parcours en détails

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La Pastourelle 2015 : l’Esprit trail

La Pastourelle – Le grand Cirque

Salers – samedi 23 mai 2015

Préambule…

Si une course en France mérite de représenter ce qui, selon moi, correspond à l'”Esprit Trail”, cela serait sans aucun doute la Pastourelle qui emporterait ce titre ! Car, non content de se dérouler dans un cadre idyllique, sur un parcours parmi les plus beaux qu’il m’ai été donné de voir, cette Pastourelle a un petit quelque chose en plus.

Ce sentiment de liberté qui est la base de l'”Esprit Trail” : liberté de courir comme bon nous semble, liberté de partir les mains dans les poches ou bien avec de quoi tenir un siège, liberté de courir avec ou sans assistance, avec pour seule limite celle que l’on se fixe dans le respect de soi-même, de la nature et des autres concurrents.

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Un règlement on ne peut plus simple, qui a fait ses preuves depuis 17 ans maintenant et qui devrait servir de modèle à tous les organisateurs qui n’ont de cesse de tuer l’Esprit trail avec des règles aussi contraignantes qu’impossible à mettre en application. Des règles dont le but est de soi-disant mettre tout le monde sur un même pied d’égalité. Mais soyons réalistes, même si je suis le premier à fustiger le choix des fédérations de séparer les “pros” du reste du peloton aux prochains Championnats du Monde, j’en reste pas moins convaincu qu’au départ d’une course il y a autant de motivations différentes que de coureurs. Je trouve absurde de vouloir imposer les mêmes contraintes aux premiers et aux derniers.

Alors oui, pour moi la liberté, c’est le libre arbitre, c’est le choix qu’à chacun de prendre ou pas une frontale, une veste, ou tout autre matériel, c’est le choix d’avoir ou pas une assistance aux ravitos.

Merci aux organisateurs de la Pastourelle de nous traiter comme des adultes responsables et non comme des gamins à qui on doit tout expliquer, tout imposer. Merci de faire en sorte que cet esprit de liberté puisse perdurer dans le temps.

Mais trêve de considérations philosophiques, passons à la course !

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Le récit de la Pastourelle 2015

C’est en plein centre du petit village médiéval de Salers que le départ de cette grande fête sera donné. Il n’est que 8 heures du matin et pourtant l’effervescence est grande et les gens nombreux venus assister au départ de la course !

Pour ma part, je ne sais pas vraiment sur quel pied danser. D’un côté j’aurais absolument besoin de faire une grosse perf pour espérer rattraper mon classement au TTN 2015, et d’un autre je suis confronté à deux réalités :

– un profil très typé montagne, qui même si je les adore, sont très loin d’être mon terrain de jeu le plus favorable

– un état physique incertain, dû aux conséquences de mes déboires sur le Trail Yonne

Mais quoi qu’il puisse arriver, au delà de mon esprit de compétition qui m’anime habituellement, c’est avant tout le plaisir d’être là, de participer à cette fête, d’avoir la chance de profiter de ce parcours magnifique qui me motive.

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Je prends un départ prudent, mais néanmoins assez rapide pour rester à portée du groupe de tête alors composé d’une quinzaine de coureurs. A la sortie du village, je suis toujours au contact, les jambes répondent bien et je me prends à rêver d’une belle performance. La route commence à s’élever doucement, mais je parviens à maintenir ma position sans trop de difficultés.

Je tiendrai ainsi pendant… environ 3 km avant que nous abordions la première grosse montée. Première côte de la course, mais également première côte de l’année !! Si d’habitude j’ai beaucoup de mal à mettre la machine en route, là il faut carrément la dépoussiérer !!

En seulement quelques centaines de mètres, tous mes espoirs d’exploit s’envolèrent… abordant la difficulté aux environ de la 20ème place… j’en ressortirai bien au delà de… la 80ème.

A ce moment, je change mon fusil d’épaule, oublions le classement, oublions la performance… et place uniquement au plaisir, à la joie de communier avec cette nature majestueuse.

Si j’ai bel et bien abandonné toute revendication au classement général, il est impossible de chasser totalement le naturel et j’en reste pas moins concentré sur mon plan de marche. Car si au classement je suis à la rue, je suis toujours dans mon rythme, voir même un peu en avance sur mes prévisions !

La pente se fait un peu moins rude et je peux reprendre une allure un peu plus normale, même si le profil reste globalement ascendant, quelques petits replats permettent de reprendre son souffle et rattraper quelques places. Cependant les chemins ne sont guère roulant, nous sommes maintenant dans les estives et il faut être vigilant car les chemins sont très cabossés, marqués par le temps et le passage des troupeaux qui laissent de nombreux trous et ornières.

Nous arrivons déjà au col de Néronne, j’y passe en un peu plus de 58’… soit environ 4’30 d’avance sur mon planning ! Finalement le niveau doit être bien plus élevé que je ne l’imaginais, car je suis à ma place… ce sont juste les autres qui sont plus forts !

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Au passage du col, premier ravitaillement éclair réalisé par Péline qui m’encourage tant qu’elle peux et je repars à l’assaut de la montagne. Encore environ 3 km de montée avant d’entamer la descente vers le petit village du Falgoux.

La descente, raide et relativement technique n’offre guère la possibilité de s’exprimer. Pourtant la bête aimerait bien pouvoir lâcher un peu les chevaux, mais est vite calmée par un petit rappel à l’ordre sans conséquence où la cheville droite ploie mais ne romps point ! La fin de la descente est plus facile et permet d’accélérer un peu, mais là encore je butte sur une pierre et ne sait pas comment je fais pour réussir à redresser la barre et éviter une chute douloureuse dans les cailloux !

Pas le temps de s’endormir que le chemin recommence déjà à monter à l’approche du ravitaillement du Falgoux ! Je me régale et profite au maximum de ce parcours et des paysages, tout en restant le plus concentré possible, je ne suis plus dans la recherche obsessionnelle de la performance. Au ravito je prends même le temps de me déchausser pour chasser un vilain petit caillou venu se réfugier au fond de ma chaussure ! Cela sera un effort inutile, puisque seulement quelques kilomètres plus loin un autre petit caillou viendra prendre la place du précédent… mais cette fois je ne m’arrêterai point !

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Passé cet interlude qui m’aura coûté une petite minute et quelques places, nous abordons maintenant la côte la plus longue et difficile du parcours : une montée de quasiment 5 km pour la bagatelle de 800m de D+ ! Il va falloir s’armer de patience, et si je me sens mieux que lors de la première ascension, je ne suis pas pour autant très efficace, même si je parviens malgré tout à grappiller quelques places au fil des kilomètres. De toute évidence j’ai beaucoup de travail à réaliser dans le secteur de la marche rapide en côte.

Je craignais beaucoup au niveau des mollets que j’avais martyrisés dans l’Yonne mais fort heureusement aucun signe de faiblesse de ce côté, ce qui me laisse la possibilité de lâcher les watts sans appréhension. Mais si les mollets sont ok, il n’en est pas de même des cuisses qui commencent à chauffer gentiment, peu habituées qu’elles sont à subir de tels outrages.

Nous atteignons maintenant les estives, qui en plus d’être complètement défoncées sont très exposées au vent. Un vent glacial qui me fais regretter d’être parti en manches courtes. Plus j’avance et plus le froid devient saisissant ! Je commence même à douter, à me demander comment je vais bien pouvoir réussir à aller au bout dans de telles conditions. Heureusement pour moi, j’avais quand même eu la bonne idée de partir avec un coupe-vent, certes léger, mais au combien salvateur en ces moments.

C’est là que la montagne nous rappelle qu’elle est la plus forte et qu’il ne faut jamais la sous-estimer ! Mal m’en a pris de croire qu’en cette fin de mois de mai il ferai beau et chaud. Ce n’est pas du tout le cas. Si je profites de quelques instants de répit lorsque nous avons la chance de nous retrouver à l’abris du vent, je crains vraiment ce qui m’attend au sommet du Puy Mary d’ici quelques kilomètres !

Je n’ai qu’un espoir, c’est que le t-shirt manches longues que j’avais négligemment oublié au fond de mon sac à dos y soit encore et que je puisse ainsi le récupérer avant la montée vers le sommet, car dans le cas contraire cela risque vraiment d’être compliqué ! Cela serait vraiment trop bête de devoir s’arrêter à cause d’une telle négligence !

Nous évoluons maintenant sur les crêtes, dans les estives mais je ne peux guère profiter du panorama, pourtant majestueux qui s’offre à moi. En effet, il n’y a pas vraiment de chemin et nous évoluons à flan de montagne dans un terrain très piègeux où les nombreux trous imposent une vigilance extrême faute de quoi je pourrais rapidement y laisser une cheville. Difficile d’aller très vite dans ces conditions, malgré tout, hormis le froid qui me rappelle à l’ordre de temps en temps, je me sens plutôt bien, tous les cadrans sont au vert et je suis largement dans le rythme prévu.

J’arrive enfin au 30ème km et quel soulagement lorsque j’aperçois Péline qui tient dans ses mains mon fameux t-shirt à manches longues dont je rêvais tant depuis près d’une heure maintenant !! Je m’arrêtes quelques instants pour enfiler ce t-shirt salvateur par dessus sac et coupe-vent ! Tout de suite je me sens beaucoup mieux et pourrais aborder la suite plus sereinement.

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Une petite descente pour contourner le Puy Mary puis c’est reparti pour une longue ascension. La première partie est plutôt roulante et je peux même de temps à autre trottiner un peu ! La partie finale est quant à elle beaucoup plus sèche et balayée par ce vent glacial. Heureusement que j’ai eu la chance de pouvoir me couvrir, car sinon je ne sais pas ce qu’il serait advenu de moi.

Plus l’on se rapproche du sommet et plus cela devient raide ! Il devient même nécessaire de poser les mains pour terminer les derniers mètres ! Mais voilà c’est fait ! Une fois en haut je pousse un ouf de soulagement en me disant que le plus difficile est fait ! Le vent est terrible, je suis obligé de retirer ma casquette de peur qu’elle ne s’envole.


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La descente du Puy Mary se fait sur une sorte d’escalier entièrement bétonné, plutôt désagréable car les marches sont hautes et les cuisses commencent à sérieusement souffrir. J’y vais prudemment, au risque de perdre un peu de temps, mais je n’ai pas le choix. Péline m’attend au bas de cet escalier pour ce qui, je ne le sais pas encore, sera mon ultime ravitaillement.

Il s’en suit une descente assez douce sur les bords de la départementale, 2km environ de répit, histoire de progressivement reprendre mon rythme… et rattraper encore un ou deux concurrents au passage. Brève pause avant de repartir à l’assaut d’une nouvelle montée. Si sur le papier le plus difficile semble être derrière, la réalité est toute autre ! Les cuisses déjà bien éprouvées donnent quelques signes de faiblesse rendant l’ascension difficile !

Et ne parlons pas de la relance une fois arrivé en haut, qui se fait elle aussi bien délicate, d’autant que les chemins ne sont guère propices aux accélérations, toujours criblés de trous avec lesquels il faut jongler en permanence. Les chevilles aussi commencent à ne plus réagir correctement et je dois être encore plus vigilant. Il me faut prendre mon mal en patience, je sais qu’il ne reste plus que 2 grosses montées avant d’aborder la redescente vers Salers.

Mais qu’elles vont être longues ! D’autant plus que nous nous retrouvons maintenant nez à nez avec les randonneurs, partis dans le sens inverse, et qui le plus souvent prennent la meilleure, voire seule, trace disponible, nous obligeons encore plus à passer dans les ‘trous à vaches’ ! Je ne suis plus du tout dans mon tempo et perds de grosses minutes dans les côtes, et ne regagne rien dans les descentes ! La troisième féminine, que j’avais dépassé juste avant l’ascension du Puy Mary, est revenue sur moi et nous faisons plus ou moins route ensemble : elle devant dans les côtes et moi qui la rattrape dans les descentes…

Je n’ai qu’une hâte : arriver en haut du Puy Violent qui marquera le début de la descente. Mais là encore la montée se fait rude dans sa partie finale, m’obligeant par endroit à mettre les deux mains, pour me hisser, presque à quatre pattes, de roche en roche. Au sommet je suis une nouvelle fois rejoins par la damoiselle. La descente du Puy Violent est très raide et je dois laisser filer la damoiselle. J’ai presque autant de mal à redescendre qu’à monter et je progresse au ralenti. Cuisses et chevilles ont été menés à rude épreuve et je dois les ménager.

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Heureusement pour moi, la partie raide ne dure que quelques centaines de mètres, et rapidement le chemin deviens plus large et praticable, malgré la présence de nombreux cailloux qui m’obligent encore à la plus grande vigilance. Petit à petit je retrouve mon rythme.

Nous atteignons le parking du Puy Violent, où se tient le prochain ravito. Je n’y retrouve pas Péline, elle n’a pu se rendre sur les lieux car certaines routes ont été coupées pour le passage des courses VTT. J’hésite quelques instants à m’arrêter pour remplir mes bidons. Un rapide état des lieux : il me reste encore quelques réserves, peut-être 25-30 cl, et de plus je sais qu’il y a un dernier point de ravito à Saint-Paul, en bas de la descente…. je prend donc la décision de poursuivre, sans marquer de pause.

L’occasion de repasser 3 concurrents, dont la féminine ! La descente est maintenant beaucoup plus facile et roulante, tout d’abord sur environ 2 km de route avant de couper à travers champs. L’occasion de dire bonjour à un troupeau de vaches Salers, qui heureusement pour moi ne se trouvaient pas au milieu de mon chemin.

Malgré mes cuisses qui me font bien souffrir je suis maintenant sur un rythme proche des 14 km/h, au fur et à mesure de la descente je rattrape encore quelques concurrents. Nous sommes maintenant sur une piste forestière très large, mais un brin caillouteuse qui ne manque pas de solliciter les chevilles… mais qui me permet néanmoins de maintenir ce rythme.

Cette longue descente s’étend au total sur près de 9 km et au rythme où je vais, j’ai tôt fait de rattraper le retard que j’avais pris sur mon plan de marche et même de prendre un peu d’avance. Néanmoins, tout n’est pas terminé car il reste encore une dernière difficulté et de taille !

Saint-Paul de Salers, dernier point ravitaillement et plus que 2 km à parcourir, mais quels kilomètres !! J’ai quasiment épuisé mes réserves d’eau, mais je décide néanmoins de prendre le risque de continuer sans m’arrêter, après tout l’arrivée est toute proche !

Au loin j’aperçois la seconde féminine… une ‘vieille’ connaissance puisqu’il s’agit de la demoiselle avec qui j’ai bataillé pendant plusieurs heures lors des derniers championnats de France. Elle est accompagnée par un petit groupe de 6-7 coureurs, je me dis alors que je pourrais peut-être les rejoindre.

Au détour d’un champs, je passe du mauvais côté de la clôture, ce qui m’oblige à l’enjamber… et au passage à me prendre une bonne petit châtaigne qui me secoue toute la jambe… ça réveille, mais à ce stade de la course, je m’en serai bien passé !

Nous abordons alors la terrible montée finale : près de 200m de D+ en un peu moins d’1,5 km… Comme les autres, je suis cuit ! Mais je ne renonce pas, je monte le plus vite que je le peux, je rattrape d’abord deux coureurs, puis quelques centaines de mètres plus loin, alors que nous évoluons sous les remparts de la ville, j’en rattrape deux autres.

Me voilà aux portes du village, il doit rester environ 300m à parcourir, quand j’aperçois derrière moi un coureur qui reviens fort. Me voilà contraint d’accélérer, de puiser dans mes dernières réserves pour éviter l’affront de me faire déposer sur la ligne. Je relance une première fois, prends quelques mètres d’avance, mais mon adversaire ne renonce pas ! dernier virage, une centaine de mètres encore, et obligé d’en remettre une couche ! Cette fois sera la bonne, au prix d’un énorme effort je me débarrasse définitivement de mon poursuivant !

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Je franchis la ligne d’arrivée et savoure cet instant spécial, peut m’importe mon classement, je suis heureux d’être venu à bout de cette magnifique épreuve. Et même si j’ai bataillé pour conserver ma position, le plus important pour moi est le plaisir que j’ai pris à faire cette course, je suis presque triste que cela soit, déjà, terminé !

Probablement l’un des plus beaux parcours que j’ai eu la chance de faire, une organisation irréprochable et un plaisir énorme ! Pour l’anecdote je termine à une lointaine 54ème place en 6h04’21”. Mais quelle course !! Pour une fois le plaisir est plus important que le résultat ! Je suis en dehors des clous, définitivement plombé au classement du TTN… mais qu’est ce que je m’en fous !! Il ne me tarde que d’une chose : revenir l’an prochain pour participer à la prochaine édition !


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Simulateur calcul Pastourelle 2015

Votre roadbook pour la Pastourelle – 53k

La course du ‘grand Cirque’ – samedi 23 mai 2015, 8h

Pour la première fois cette année, la Pastourelle, dans sa version ‘longue’ fait partie du circuit national TTN ! Une juste récompense pour cette course qui n’en est plus à ses débuts puisque nous en fêterons la 17ème édition.

C’est une course qui me tient particulièrement à coeur puisque j’y étais venu il y a de cela une quinzaine d’années, mais à l’époque je me contentais de faire le parcours en mode ‘randonnée’ !

Venez découvrir le Cantal et la région de Salers autour d’un parcours fantastique qui vous emmènera vers les plus beaux sommets du Cantal avec notamment la terrible ascension du Puy Mary et le passage par d’autres monts tout aussi impressionnants.

Ne vous y trompez donc pas, nous sommes face à un parcours exigeant qui n’a rien à envier aux courses alpines, alors prenez garde à ne pas laisser toutes vos forces dans une première partie très montante et qui vous fera chauffer les cuissots !

Avec une montée à plus de 1700m d’altitude vous aurez à en découdre sur pratiquement 53km et 2300m de D+

La Pastourelle 2015 – Le grand cirque :

Voici les éléments qui vous permettront de planifier votre course et estimer vos temps de passage et heure d’arrivée sur la place du village à Salers !

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Votre feuille de route pour la Pastourelle 2015

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