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La course dans le sang...

Marathon de Paris 2017 : Une marche de plus !

Marathon de Paris 2017

dimanche 09 avril 2017 - Paris Champs-Elysées - 8h20

17 ans déjà que je participe tous les ans au marathon de Paris, étape incontournable de mon calendrier, plus qu'une habitude, c'est devenu quasiment une institution ! Et pourtant le marathon n'est plus, depuis longtemps, ma priorité... mais je ne peux résister, une fois dans l'année à faire ce petit écart de trajectoire qui passe par le bitume parisien !

Que de chemin parcouru depuis ce jour d'avril 2001 où je devenais marathonien !! A l'époque cela me paraissait quasiment une montagne infranchissable, un mythe que jusque là je n'avais pas osé affronter ! Faut dire qu'avec ma "préparation" de l'époque, cela relevait effectivement de l'exploit ! Et les 3h43' réalisés ce jour là, une véritable performance au vu des quelques kilomètres d'entrainement emmagasinés durant le mois précédent l'épreuve. De mémoire, j'avais bien dû faire... 40 bornes en un mois !

Comment imaginer que 16 ans plus tard, je parviendrai à franchir un nouveau cap, améliorant ce premier temps référence de quasiment une heure ! Un rêve que je n'osais même pas formuler à cette époque là !

Un nouveau défi

Après des débuts sur marathon plutôt touristiques et parfois farfelus, je décidais quelques années plus tard de m'entraîner sérieusement pour m'attaquer à cette fameuse barrière mythique des 3H.

Force est de constater qu'elle m'aura résisté pendant longtemps ! Combien de tentatives ratées, de déceptions, d'échecs avant d'atteindre enfin ce Graal et d'entrer dans le cercle de ceux qui ont réussi à boucler un marathon en moins de 3h !

J'aurais très bien pu m'arrêter là, me contenter de cette satisfaction d'avoir enfin, après de nombreuses années, atteint ce qui pour moi fût pendant longtemps l'objectif ultime sur marathon... mais cela aurait été sans compter sur mon appétit de défis, mon envie d'aller encore et toujours plus loin !!

Car une fois libéré de ce seuil plus psychologique que physique, j'allais continuer ma progression, à un rythme effréné, passant deux ans après sous la barre des 2h55, puis 2h52 l'année dernière.

Au fil de cette progression, une autre barrière, peut-être moins médiatique, mais tout aussi symbolique, se dressait alors devant moi : celle des 2h48'46".... de loin et pour les néophytes, ce temps ne signifie peut-être pas grand chose... mais pour les coureurs aguerris elle prend tout son sens. En effet ce temps correspond tout simplement... à la vitesse de 15 km/h de moyenne !

Mon nouveau challenge serait donc de franchir cette limite, être capable de courir à plus de 15 km/h pendant 42,195 km !!

Une "prépa" bien menée jusqu'à...

Je n'aime guère le terme "prépa" tant il ne s'applique pas à mon cas lorsque vient le temps de courir le marathon. N'en ayant jamais fait un réel objectif, et n'ayant pas le courage de m'infliger toute la difficulté et les sacrifices qui sont liés à une véritable préparation marathon, je préfère, comme à mon habitude l'aborder comme une course lambda, faisant partie d'un tout, une sorte d'étape dans la globalité de mon programme. Un objectif qui n'en ai pas vraiment un, un "entraînement" avant d'aborder la saison de trails.

Cela est d'autant plus vrai, qu'une fois de plus, contraintes du calendrier oblige, j'ai dû faire l'écotrail de Paris 3 semaines avant l'échéance. D'aucuns s'accorderont pour confirmer qu'il ne s'agit pas de la meilleure manière de préparer un marathon, surtout lorsque l'on se donne à fond sur la dite épreuve pour terminer dans le top 20 (cf mon CR de l'écotrail).

Malgré tout, à une semaine du but, je me sens plutôt bien, mon programme est passé quasiment sans encombre, même si j'ai parfois été obligé de me faire violence pour passer certaines séances, le rythme est là, les jambes aussi et la bête s'est bien remise de l'écotrail.

Tout semble donc idéal pour réaliser la perf espérée, mais cela aurait été compter sans ce fameux lundi, et ma dernière petite séance de VMA, pourtant abordée avec la plus grande des sagesses pour ne pas réitérer les erreurs de la fois précédente. Sauf que voilà, au fil des séries une petite douleur, d'abord légère puis de plus en plus forte est apparue au niveau des adducteurs de la jambe droite. A tel point qu'au 9ème 200 (sur les 12 prévus) je me vois contraint de stopper net, je marche difficilement et suis complètement coincé !

Une semaine de doutes

De retour à la maison, je sors toute la panoplie : glaçage, massage, compex, ultra-sons, et Life+... bref un nouveau rituel qui va m'accompagner tout au long de cette semaine. Les choses ne s'arrangent pas le lendemain, car en plus de l'adducteur, c'est l'ischio qui se retrouve contracté (sans doute une compensation)... et la marche se trouve une nouvelle fois douloureuse !!

Envahi par les doutes, je me pose réellement la question de ma participation à ce marathon. Comment courir dans cet état là, comment ne serait-ce que rallier l'arrivée sans trop se faire mal ? Car à ce moment là, il n'est absolument plus question de performances ! Mais comment renoncer à ce 17ème marathon de Paris en autant d'années ?

Une chose est certaine, mon programme d'entrainement s'arrête net et est remplacé par de longues heures à bichonner mes petits muscles avec toute la panoplie citée plus haut !

Malgré la douleur qui ne passe guère, je me lance jeudi, dans un dernier petit footing, si la vitesse y est toujours bien présente, la douleur elle ne me quitte pas ! Je réussi bien à courir mes 30 minutes en serrant des dents, mais comment ferais-je pour tenir 5 fois plus longtemps dans à peine 3 jours ?

Ces inquiétudes, ces doutes, ne me lâcherons pas jusqu'au matin de la course, où je me dis qui vivra verra ! ça tiendra le temps que ça pourra et ensuite on essaiera de ramener la bête du mieux possible jusqu'à l'arrivée !

Le marathon de Paris 2017

Vous l'aurez compris, c'est dans une totale inconnue que je me retrouve ce dimanche matin sur la ligne de départ du marathon de Paris ! Avec néanmoins l'avantage d'une semaine de quasi repos complet et l'absence de stress, tant il serait à ce moment utopique d'imaginer que je puisses faire une belle perf !

Après y avoir longuement réfléchi, ma stratégie sera des plus simples : faire comme si de rien était, partir dans le rythme initialement prévu et puis ensuite gérer lorsque la douleur me forcera à ralentir. Pour l'instant je ne ressens pas trop ma cuisse, alors vaille que vaille !

Un départ prudent

Malgré l'euphorie et l'ambiance toujours exaltante au départ des Champs-Elysées il convient de prendre un départ prudent, ce qui n'est pas toujours aisé, l'avenue étant en plus en faux plat descendant !

Bien que je n'ai pas l'impression de partir si lentement que cela, le chrono lui est plus que raisonnable, 1er km en 4'00"... je suis un peu en dessous de mon rythme cible, et tente d'augmenter un peu la cadence... sans succès puisque le 2ème km passe... en 4'00" aussi !

Il me faudra attendre le 3ème km pour me mettre dans le rythme (3'53") l'objectif étant aux alentours de 3'55" au km.

Du côté de mes gambettes, pour le moment, rien à signaler, je ne ressens pas la douleur et tout va bien, mais je sais que tout peut basculer d'un coup, en quelques instants le rêve peut se transformer en cauchemar !

Prendre les choses comme elles viennent...

Difficile de courir avec une épée de Damoclès au dessus de la tête !! Alors autant ne pas se préoccuper du résultat final et vivre l'instant présent, ne penser qu'au prochain km et avancer, avancer encore et encore !

Et ce n'est pas la première grosse "côte" aux alentours du 7ème km qui va me faire changer d'avis, je l'avale comme si de rien était et file tout droit vers la Porte Dorée dans une petite descente qui permet de reprendre le rythme de croisière.

Les km défilent à grande vitesse, à peine le temps de le dire que me voilà déjà dans le bois de Vincennes, au 10ème km je passe en 39'23" !! Soit déjà près de 30" d'avance sur mon record !

Et je ne vais pas m'arrêter là, les faux plats du bois de Vincennes n'arrêterons pas ma progression, je continue sur le même rythme, avale la montée derrière l'hippodrome sans faiblir et bascule dans la longue portion descendante qui doit nous ramener vers le périphérique.

Mon deuxième 10km est encore plus rapide que le premier : 39'15" !! (avec un deuxième 5 km en 19'25" !)

Un premier semi de feu !

Sur cette lancée, que je n'aurai jamais osé espérer, je passe le semi en 1h22'57"... ce qui représente mon 3ème meilleur temps absolu sur semi !! à peine 2' de plus que mon record établi un mois plus tôt, il est vrai dans des conditions météo difficiles !

Dans cet élan, j'en oublie totalement mes douleurs, et pars hyper motivé à l'assaut de la seconde partie du parcours, pas question de lâcher ! Non seulement j'espère exploser mon record, descendre sous les 2h50'.... mais je me sens bien pour tenter un négative-split !! ( comme quoi par moment, on perd toute notion de raison, et on se prend à rêver !!)

Dans l'euphorie totale !

Les kilomètres suivant seront un pur bonheur, le passage sur les quais puis dans le tunnel, et toujours dans un train d'enfer ! J'ai presque l'impression de voler, une sensation étrange m'envahit, ni les douleurs, ni la fatigue ne semblent avoir d'emprise sur moi !

Bon d'accord, ce sentiment ne dure jamais longtemps... et les quelques passages sous les ponts au sortir du grand tunnel vont bien vite me remettre les idées à leur place ! Car même si je parviens à ne pas y laisser trop de plumes, chaque pont entame un petit peu plus ma fraîcheur, la relance se fait plus difficile et les effets de la chaleur qui commence à s'installer sur Paris se font tout doucement sentir.

Rapidement je devrais renoncer à cette idée folle de négative-split !! Et ce bien que je passe au 30ème km en 1h58'03"... soit un 3ème 10km en 39'25". Mine de rien, c'est quand même mon 3ème 10km de suite en moins de 39'30" !!

Retour à la dure réalité

La suite du programme est un peu moins reluisante, la chaleur est maintenant bien présente, les organismes souffrent, et si le passage devant Roland Garros a été supprimé, ce qui nous est proposé n'est guère plus reluisant : un long faux-plat montant de près de 2 km sur lesquels je m'accroche tant bien que mal, sans perdre trop de temps, je parviens à boucler le dernier km de cette montée en 4'09" !

Les espoirs de négative-split s'envolent définitivement, mais il y a encore gros à aller chercher, il est encore tout à fait possible de viser en dessous des 2h48'... à condition de ne pas se laisser aller, de relancer encore et toujours, même si bien sûr la foulée n'est pas aussi efficace qu'au début.

Tenir coûte que coûte !

Et comme si cela ne suffisait pas, en plus de la chaleur, de la fatigue, du profil,.. les cuisses commencent à se crisper, à devenir de plus en plus raides. Plus j'avance et plus je croise des coureurs à la dérive, tétanisés par les crampes, ne pouvant plus avancer... si près du but !

Je ne peux alors m'empêcher de penser que je serai peut-être le suivant, dans 100m, 1 km ? Malgré ces douleurs de plus en plus présentes, je continue, chaque mètre, chaque pas, me rapproche un peu plus de l'arrivée, de ce chrono que je n'espérais même pas ce matin avant le départ !

Je puise dans mes dernière réserves pour me battre, pour avancer. Peu avant le 40ème km je rattrape mon ami Ajeeth, un coureur extraordinaire, que j'admire... jamais je n'aurai pensé pouvoir le rattraper ! Malheureusement pour lui, il ne peut me suivre, à la dérive, je ne peux rien faire pour l'aider...

Bien que j'ai l'impression d'être totalement à l'arrêt, je boucle mon 4ème 10km de la journée en 40'35"... même si je ne suis plus dans le tempo, ce n'est pas si mal que cela finalement !

Les 2 derniers km : une éternité !

Qu'ils vont être longs ces deux derniers km ! Les jambes sont de plus en plus lourdes, je suis partagé entre le plaisir de savourer ces derniers instants, la souffrance que j'endure et ce chrono qui défile... qui défile plus vite que les km !

Vais-je parvenir à rentrer dans les temps ? 4'13" pour le 41ème... c'est de plus en plus juste, je n'ai pas le droit de faiblir d'avantage si je souhaite en terminer en moins de 2h48 !

Nous approchons tout doucement du dernier rond-point en bas de l'avenue Foch, la foule est de plus en plus dense, et les encouragements nombreux, mais néanmoins, impossible d'avancer, pourtant la ligne est si proche... et si loin à la fois !!

J'ai encore le sentiment de faire du sur-place, de stagner et de voir le temps me filer entre les doigts, plus la force de relancer, plus d'énergie dans les jambes. Je passe ce fameux rond-point et puis enfin j'entrevoit la ligne d'arrivée ! le 42ème se passe en 4'12"... ça va être juste, très juste !!

Alors dans un dernier élan, dans un dernier souffle je donne tout ce que j'ai, ce que je n'ai pas et fonce à grande enjambées, oubliant la fatigue, les douleurs, oubliant tout... mes yeux sont maintenant fixés sur ce chrono où les secondes s'égrènent, les unes après les autres...

Le verdict

La pendule affiche 2h47'58"... plus que quelques mètres avant la délivrance ! Et je franchis enfin cette ligne, un dernier 200m en 42" !! mon chrono réel affiche 2h47'44" !! Je n'y crois pas, j'en reste scotché sur place !! L'émotion est presque aussi intense que 16 ans auparavant lorsque pour la première fois je franchissait cette ligne d'arrivée !

Une nouvelle étape, une nouvelle barrière a été franchie, aujourd'hui encore, j'ai toujours du mal à réaliser cette performance dont j'osais à peine rêver, je me savais en mesure de le faire, mais entre le dire et le faire justement... il y a un monde, ou plutôt 42,195 km !

Si cette barrière des 15 km/h de moyenne est et restera une étape importante dans ma vie de coureur, elle ne représente qu'une étape, je ne compte pas en rester là, et espère bien continuer, pour quelques années du moins, à progresser et à franchir encore de nouvelles étapes, à me donner d'autres défis pour toujours et toujours aller plus haut !!

 

 

 

 

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Commentaires

2 commentaire(s)

  1. Thepinkrunner dit :

    Mon record est de 2h47’54” tu as donc fait mieux que moi, je dis donc BRAVO et RESPECT de faire autant de perfs dans des domaines aussi différents!

    • Michel dit :

      Merci Philippe !
      C’est un honneur pour moi d’être parvenu à me hisser à ton niveau !! J’en profites pour te féliciter pour ta longévité et ta soif de marathons qui est restée intacte !! Une chose est certaine, je n’atteindrai jamais le nombre de marathons que tu as couru !! sans compter ceux à venir !

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